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Deutsch-französische Wirtschaftskommunikation – Das interkulturelle Blog +++ Le blog interculturel de la communication économique franco-allemande

Décomplexés ces Allemands

Vous l’avez peut-être remarqué : j’ai employé sans hésiter deux mots anglais : « timing » et « meeting ». Bien que ces mots soient connus en France et peut-être occasionnellement employés, ils ne sortent pas aussi facilement de la bouche des Français que de celles des Allemands. En France, nous sommes connus pour la recherche de l’équivalent français quasi immédiat d’un terme anglais à peine sorti sur le territoire national.

En Allemagne, en revanche, l’effet est à l’exact opposé. A peine un mot anglais est-il importé qu’il y trouve immédiatement asile à tel point que parfois il est recommandé d’être au courant des nouvelles modes linguistiques anglophones pour pouvoir suivre son interlocuteur allemand. La présence de mots anglais dans la vie professionnelle mais aussi privée n’a donc rien d’inhabituel ni de choquant même si l’équivalent allemand existe. Ce qui explique d’ailleurs qu’ils soient très nombreux voire, à mon goût, beaucoup trop nombreux. (Lire la suite…)

Travailler avec une équipe allemande

Que vous parliez anglais, français ou allemand avec votre collègue allemand, il y a une erreur qu’il faut absolument éviter parce qu’elle pourrait être fatale : vous attendre à communiquer uniquement avec celui qui serait votre correspondant hiérarchique, votre homologue. Aussi ne vous étonnez pas lorsque vous aurez un rendez-vous avec votre partenaire ou futur partenaire allemand d’avoir affaire à autant de personnes que, par exemple, un projet en nécessitera. Ne vous étonnez pas non plus de voir un supérieur hiérarchique demander l’avis de tous ses collaborateurs, de l’ouvrier spécialisé au cadre supérieur, avant de prendre une décision. Car dans les entreprises allemandes, la pyramide hiérarchique propre au fonctionnement de la majorité des entreprises françaises n’existe pas. La fonction et le rôle du PDG français est absolument inconnue en Allemagne de même que la notion de « patron ». D’où l’étonnement voire la stupeur de certains Allemands après avoir travaillé en France. Ils sont littéralement choqués par l’image de Français à leurs yeux extrêmement disciplinés – mais ce sont les Allemands qui sont disciplinés et les Français rebelles, non ? ! – car en comparaison avec la liberté d’action et de décision qu’ils connaissent, la marge de liberté de leurs collègues français leur semble très mince. Les Allemands ont l’impression que le pouvoir de décision est entièrement entre les mains des supérieurs hiérarchiques et que les chefs français sont peu accessibles. En Allemagne, on a beaucoup ri lorsqu’on a appris l’échange de paroles entre le ministre des finances allemand Peer Steinbrück et Nicolas Sarkozy, lors de la réunion de l’Eurogroupe en juillet 2007. Alors que le premier disait directement et fermement au second qu’il était hors de question que la France puisse bénéficier d’un délai de faveur pour équilibrer ses comptes publics, Nicolas Sarkozy rétorqua qu’ « on ne parle comme ça à un président ». Incompréhension totale en Allemagne : si, on peut parler « comme ça » à un supérieur hiérarchique si la critique est fondée et qu’elle est émise pour le bien de tous. (Lire la suite…)

Tout commence au Kindergarten

En Allemagne, l’idée de liberté individuelle – qui implique le respect des intérêts de la communauté – est une grande valeur. Cette notion chère aux philosophes allemands en particulier du XIXe siècle a largement marqué la mentalité allemande.  Mais la dictature du nazisme a engendré un grand scepticisme voire une réaction de résistance face à toute tentative d’amputation de la personnalité de l’individu. Cela se voit entre autres à l’éducation des enfants par leurs parents, mais surtout dans les jardins d’enfants (Kindergarten) et par la suite dans les écoles et les universités allemandes. Education qui, bien évidemment, influence le comportement des Allemands au travail. (Lire la suite…)

A propos de timing

Ce n’est un secret pour personne : les Français sont connus, semble-t-il, partout en Europe et surtout en Allemagne pour être de constants retardataires. Enfin, n’exagérons rien. Pour un Français, arriver une demie heure plus tard que prévu à un rendez-vous fait partie de la normalité. Pour un Allemand et tant qu’il n’a pas affaire directement aux Français, ce « défaut » est fort sympathique voire charmant parce qu’il est la preuve de ce que les Français prendraient la vie du bon côté, de leur refus de se stresser, d’une certaine nonchalance pour laquelle les Allemands ne cachent pas leur admiration. Par contre, ce défaut devient carrément agaçant dès lors qu’il touche au domaine du travail. Car pour un Allemand, ne pas respecter une heure convenue n’est ni plus ni moins l’expression d’un manque de respect du partenaire. L’heure, c’est l’heure. La respecter est primordial, car en Allemagne, on aime travailler selon un plan précisément établi et dont le but est de l’atteindre tel qu’il a été défini. (Lire la suite…)

Révision d’un mythe

Alors les Allemands disciplinés, où sont-ils ? Est-ce un mythe ? Non, mais la discipline est d’un autre ordre. La discipline, c’est la rigueur avec laquelle les Allemands peuvent travailler pour que le projet, le but qu’ils se sont fixé arrive à terme.

La discipline en Allemagne, c’est par exemple, lorsque le feu est au rouge pour les piétons, qu’aucune voiture ne circule mais que, malgré cela, tout le monde attend le passage du feu au vert. Pour moi Française vivant en Allemagne depuis 20 ans, c’est une chose que j’ai encore du mal à respecter même si je comprends l’idée qui se cache derrière ce comportement. Elle est simple : il s’agit de respecter un règlement qui a été édicté pour tout le monde, pour une communauté de citoyens. Et ce règlement est forcément sensé puisqu’il vise à assurer la sécurité des piétons et des automobilistes. Donc pourquoi refuser de le respecter ? Car si c’est le cas, le comportement du réfractaire risque de le mettre en danger lui et les automobilistes, les piétons et de surcroît de montrer le mauvais exemple aux enfants. Ah, combien de fois les mamies allemandes m’ont-elles fait remontrance pour avoir traversé la rue alors que le feu était au rouge pour les piétons et que des enfants pouvaient me voir ! Ce qui peut donc paraître bêtement discipliné à un Français répond du bon sens pour un Allemand. Et si l’on entend « discipline » par le fait de répondre par « oui » à tous les ordres donnés par un supérieur, là on se trompe amplement, là on est dans le domaine des préjugés à la vie dure.